Le zélé et la montagne sainte

Le zélé et la montagne sainte
Un croyant ne vivait que pour sa religion
Que jamais l'âme ne connaisse perdition
Il s'adonnait à pratiquer des rituels
Afin, disait-il, de rendre la vie plus belle

Le plus grand symbole de croyance, c'était elle,
La montagne sainte en plein axe du soleil
Y faisait ses sacrements dès qu'il le pouvait
Quand il avait des problèmes, elle le soutenait

Il lui révélait ce qui lui passait en tête
Elle était sa confidente, toujours honnête
Elle trouvait mots, qu'il ne déprime plus
Cette grande ferveur mettait son âme à nue

Il avait un but, répandre saintes paroles
A travers Monde, que tous acquièrent l'auréole
Mais ne voulait quitter son lieu saint, son aimée
De peur de la perdre dans cette humanité

Mais la montagne était forte, humble, très sage
Elle lui dit « Ne m'oublies pas et prends courage,
Reviens me voir une fois accompli ton voyage
A travers le Monde, passe donc ton message.»

Le zélé, alors se sentait grand en son for
Pour changer le Monde, prêt à tous les efforts.
Il changea les idées à travers la planète,
Revint deux ans après le début de sa quête.

Il voulait tout raconter à sa confidente
Mais celle-ci devint volcan, devint ardente.
Il voulut l'apaiser de cette humeur changeante
Mais mourut, consumé par la rage brûlante.

Ainsi est le destin de ceux qui y croient trop,
Plus on regarde loin, plus on tombe de haut
Ainsi désillusions sont plus terribles encore
Ainsi obsèdent-elles jusqu'à funeste mort

# Posté le jeudi 20 janvier 2005 02:05

Modifié le jeudi 20 janvier 2005 02:21

L'homme invisible

L'homme invisible
J'ai un pouvoir fantastique
Digne de tout conte épique
Pensez que c'est impossible
Mais je deviens invisible

Il ne faut pas de pratique
C'est assez inopiné
Besoin d'aucune tactique
De vos yeux, suis effacé

Croyez que c'est amusant
Vous voulez en faire autant
Je trouve ça agaçant
Si ce n'est même frustrant

Il est apparu un jour
Quand j'ai quitté mes amis
Ils étaient tous de velours
De me voir ainsi parti

Ne furent pas étonnés
D'avoir ainsi oublié
Qui eut partagé l'instant
Qui est devenu du vent

J'ai un pouvoir fantastique
Subitement disparais
Lors de ces moments chroniques
Ma peine réapparaît. . .

# Posté le dimanche 16 janvier 2005 13:16

Modifié le lundi 17 janvier 2005 03:09

Les oiseaux de passage

Les oiseaux de passage
Les oiseaux de passage, ce sont ces gens que l'on ne rencontre que pour quelques jours, quelques semaines, pendant un séjour, durant les vacances, durant un moment de dialogue en direct sur Internet, même... Des gens qu'on connaît juste assez pour pouvoir regretter leur absence. Quel besoin avons-nous de se lier d'amitié à ces gens à qui l'on promet de donner des nouvelles qui n'iront pas plus loin que quatre lettres ? Un besoin de rencontrer de nouvelles personnes ? De s'extraire d'un environnement qui reste similaire depuis trop de temps ou d'un environnement qui est devenu néfaste ? Ne sont-ils pas plus importants, ces oiseaux de passage, que ces amis qui nous côtoient depuis si longtemps ? En effet, on ne se connaît, ainsi, que le temps de s'apprécier et, généralement, pas assez longtemps pour se créer des problèmes... Alors que les autres, ceux auxquels on s'attachent, ceux qu'on aide et qui nous aident en retour, ceux à qui l'on promet tout et (surtout) n'importe quoi et ceux qui, finalement, finissent par ne plus être des amis réels et qui nous laissent le temps de ressentir la solitude de n'être plus près d'eux...

Comme le choix entre le vrai bonheur et le plaisir, il serait bon de savoir s'il est mieux de ne connaître que des gens de passage ou de côtoyer des amis fidèles.

Les uns n'amènent, généralement, pas de réel insatisfaction, ils permettent de se détendre, de rire, partagent essentiellement des instants superficiels et nous quittent en laissant une bonne impression...

Les autres partagent nos tourments, nos doutes, ils tentent de nous aider, ils s'enquièrent de nos secrets, nous suivent dans nos délires, dans nos conversations et leurs départs nous chagrinent davantage que les oiseaux de passage...

La vérité est qu'il en faut un peu des deux, pour pouvoir oublier les moments douloureux, parfois, pour affronter ces fantômes, d'autres fois... C'est la solution la plus pratique pour ne pas s'ancrer dans les problèmes et pour ne pas avoir un regard trop cynique de la vie...

# Posté le samedi 15 janvier 2005 13:39

Modifié le dimanche 16 janvier 2005 13:12

...

...
On se cogne toujours contre l'incertitude
Au point que la bravoure se fait oublier
Notre avenir se tait quand vient la solitude
Et par ceux qui ne donnent que fausse amitié

Tant on se cogne encore et toujours un peu plus
Tant l'ancienne fièvre se dissipe en fumée
L'obsolète horizon nous semblera perdu
Las de cette chanson pour toute humanité

On se raccroche encor, on se raccroche à rien
On peut voir sur nos mains les signes de la mort
Mais si tout est décor, nous ce rien on y tient
Agissant, incertains, en pauvre chercheur d'or

C'est juste qu'à force les trésors nous effraient
Ne cherchons que billets, contentés par notre os,
On s'est vu en Hélios du vil monde parfait,
Qu'il est doux de gérer notre vie dans l'écorce

On se complait d'excuses, on se plaît en minable
L'existence exécrable est ainsi notre dû
Et l'exquise Vénus, les deux poings sur la table
Emploie ses vocables contre notre tenue

Alors on cogite sur notre vie perdue
Ce bateau qui gîte paraissait si stable
N'est qu'un radeau qui nous fait vivre mais pas plus
Est-ce que les chevaux se contentent d'étables ?

Ainsi avançons-nous sans nous faire d'entorse
S'il est sûr le chemin, pourquoi on changerait ?
Ce n'est plus une vie, ce n'est plus qu'une fosse
Où le temps meurtrier, comme vers, rongerait.

La réussite alors se fait en notre for
Les rêves s'estompent, arrivé le matin.
Mais changer l'avenir n'est pas vraiment mon fort
Ainsi, c'est plus facile de croire au destin

S'il est vrai qu'en la vie ne peut nous arriver
Qu'insipides sirènes aux naufrages de plus
Nous dirons avoir juste tout abandonné
C'est la sécurité qui l'a ainsi voulu

Il est dur d'admettre avoir une vie ratée
À laquelle on s'est faite par simple habitude
Dire qu'on en est là car trop on s'est
Cogné contre cette éternelle incertitude...

# Posté le mardi 28 décembre 2004 11:23

Modifié le mercredi 29 décembre 2004 03:54

Quelle importance?

Quelle importance?
Dans le plein parc municipal
Propice aux sorties amicales
Où se retrouvent amoureux
Vous voyez où l'on va par deux
Quel parc ? Quelle importance ?
Quel parc ? Quelle importance ?

Enfin bref en ce doux endroit
Était Elle, pas trop mal ma foi
Puis s'installa Il, calmement
A côté sur le même banc
Quel banc ? Quelle importance ?
Quel banc ? Quelle importance ?

Ils aimaient lire tous les deux
Mais leurs goûts différaient un peu
Elle lisait Les Fleurs du Mal
Il se contentait du journal
Quoi lire ? Quelle importance ?
Que lire ? Quelle importance ?

Leurs regards allaient et venaient
Fuyant l'un, l'autre ainsi transmet
Notre bon coeur les sensations
Ainsi s'échangèrent-ils leurs noms.
Quels noms ? Quelle importance ?
Leurs noms ? Quelle importance ?

Se déroule le fil du temps
Des jours plus tard ils sont amants
S'embrassent un peu tout le temps
Parlent d'avenir tendrement
Leurs rêves ? Quelle importance ?
Leur rêve ? Quelle importance ?

Il lui promet monts et merveilles
Plein de douceur à son oreille
Elle aime être appelée sirène
Il dit qu'il portera Sélène.
La lune ? Quelle importance ?
Délires ? Quelle importance ?

Se déroule encore le temps
Ils sont de moins en pas aimant
Se déchirent un jour maudit
Ne savent quoi faire des vies
Leurs vies ? Quelle importance ?
Leurs vies, quelle importance ?

Ainsi que le veut le destin
L'amour a toujours une fin
Et ce n'est que dans les romans
Qu'ils osent durer tout le temps
L'amour et les romances,
La haine ? Quelle importance ?

L'amour ? Oui, l'amour fou
L'amour ? Oui, on s'en fout...

# Posté le samedi 11 décembre 2004 03:51

Modifié le samedi 11 décembre 2004 04:21